Interview de Stéphanie

Aujourd’hui, je vous présente Stéphanie, une amie de longue date. Beaucoup de belles émotions sont remontées à la surface durant l’interview de Stéphanie.

Un grand merci Stéphanie de t’être livrée en toute humilité et sans filtre.

Stéphanie est une de ces rencontres qui vous marquent. C’est une jeune femme pétillante qui aura toujours une anecdote intéressante à vous raconter, qui sera toujours partante pour l’apéro (critère très qualitatif chez moi), qui saura vous donner des conseils avisés, qui sera d’une grande écoute. C’est une amie loyale et une femme inspirante de par son remarquable parcours de vie et ses qualités humaines. Elle a tout quitté pour réaliser ses rêves d’enfance. Stéphanie est sortie de sa zone de confort, elle est repartie de zéro, elle s’est accrochée. Jour après jour, semaines après semaines, mois après mois, années après années, Stéphanie s’est construite dans de nouveaux pays, dans d’autres cultures. Il a fallu s’adapter, faire sa place, s’imposer parfois et s’intégrer en restant égal à soi-même, fidèle à ses valeurs. En toute simplicité, sans fioritures, sans artifices, Stéphanie a surmonté ses obstacles tel un ninja !

J’ai énormément d’admiration pour Stéphanie qui a eu le courage de sortir de sa zone de confort sans jamais se plaindre, ni même montrer sa peur (enfin peut-être que Stéphanie n’a peur de rien, un peu comme ci c’était Chuck Norris…!!)

Sans plus attendre, je vous laisse découvrir Stéphanie…

Qui es tu Stéphanie ?

Bonjour!! Je m’appelle Stephanie Renaud, j’ai 42 ans, je suis née et j’ai grandi en région parisienne.
Passionnée de cinema, j’ai entrepris des études dans ce domaine, a l’université de Paris 3 La Sorbonne Nouvelle. J’ai ensuite travaillé pendant deux ans dans la création de décors pour des courts-métrages et des pilotes pour la télévision.

Apres plusieurs tentatives ratées d’obtention du statut d’intermittente, j’ai commencé a faire des petits boulots en CDD dans des entreprises. J’ai finalement obtenu une offre de CDI dans l’une d’elles, et l’ai acceptée.
J’ai mis de coté le cinéma pour un temps, mais pas la musique, ma deuxième passion. Je faisais alors partie d’un groupe de rock et on se produisait sur des petites scènes parisiennes. J’écrivais, je composais , je chantais et jouais de la guitare. Nous faisions nos compositions et des reprises (AC/DC…)

Etant plus comfortable financièrement, j’ai commencé a voyager et prendre goût a l’évasion que procure la découverte d’un autre pays et d’une autre culture.

Apres deux ans passés dans cette entreprise, J’ai decidé de partir, et j’ai été recrutée dans le centre d’appels d’une banque internationale. D’un poste a l’autre, j’ai eu l’opportunité de partir travailler a Singapour. Mon grand-père étant né a Hanoi, au Vietnam, j’ai toujours été attirée par cette partie du monde. Il me parlait souvent de son enfance en Asie et ca me fascinait.

Ca a été beaucoup plus compliqué que je ne l’avais prévu. J’ai été confrontée au choc des cultures et parfois a la discrimination mais me suis accrochée. J’ai vécu a Singapour pendant cinq ans.

Quel a été l’élément déclencheur pour sortir de ta zone de confort ?

Ma première expatriation, a Singapour, était juste le résultat d’une envie que j’avais depuis l’enfance, de partir loin. J’entendais ma mère parler de l’Allemagne ou elle est née et a grandi, mon père du Maroc ou il est né et a grandi, et mon grand père et son enfance au Vietnam. J’ai grandi dans une famille multiculturelle, où l’on parlait des langues différentes: l’allemand, l’arabe et le vietnamien. Tous les ingrédients étaient présents pour me donner l’envie d’ailleurs.
C’était aussi une opportunité incroyable. Je n’avais pas fait d’études de finances ou de commerce et l’on me proposait un poste de chef d’équipe dans une banque internationale à Singapour. C’était un peu irréel. C’était également une petite revanche sur l’élite française qui s’attache davantage à la valeur des diplômes qu’au potentiel des individus.

Ma deuxième (et très certainement dernière) expatriation, à Los Angeles, c’est une longue histoire d’amour pour les Etats-Unis et le cinéma qui remonte a l’enfance, dont le veritable élément déclencheur a été un électrochoc.

En 2015, ma mère est décédée d’un cancer généralisé foudroyant. Elle avait 61 ans et venait de partir a la retraite. Apres les formalités, je suis retournée a Singapour ou je devais prendre un nouveau poste dans une banque privée suisse. Je me suis noyée dans le travail au point de faire un début de “burn out”.
J’ai commencé a réécrire des scénarios et à me projeter dans une nouvelle carrière et une nouvelle vie. Ca me rendait heureuse et m’aidait a tenir jusqu’à ce que je réalise qu’il fallait que je saute le pas. Je ne voulais pas me retrouver a la veille de la retraite ou pire, avec des regrets.
Un jour, J’ai appelé mon manager, Thierry Leroy, (je le cite car c’est un homme et un patron extraordinaire, d’une empathie incroyable) afin de lui annoncer mon départ et changement de carrière. Il avait compris avant moi qu’il fallait que j’avance dans une autre direction et m’a apporté son soutien sans hésiter. Il m’a aidé et a facilité mon départ de la banque et de Singapour.
J’ai passé quelques semaines en France afin de vendre la maison de ma mère et de préparer mon départ pour Los Angeles. J’étais déjà inscrite à la Los Angeles Film School, il ne me fallait plus que mon visa ! Une fois mon visa étudiant approuvé, j’ai réservé mon billet aller simple et c’était parti. Je ne cache pas que la veille du jour J, deux mots ont traverse mon esprit : « Oh putain ! »
Ca fait maintenant quatre ans que je vis ici, et je ne regrette pas une seule seconde d’avoir fait ce choix.

As-tu des astuces à partager pour s’adapter et gérer les changements de vie?

Si l’idée vous traverse l’esprit c’est qu’il y a quelque chose a explorer. Il faut le tenter. Bien sur ca fait peur, bien sur c’est complique sinon ce ne serait pas aussi excitant. C’est une prise de risque malgré tout contrôlée, bien plus qu’un saut a l’élastique selon moi!:)

Le fait d’être a l’aise avec l’anglais m’a beaucoup aidée. Les cinq ans passés a Singapour m’ont permis de parfaire mon anglais et de passer d’une langue a l’autre sans traduire. Ca a été très fatiguant au début mais le cerveau s’adapte vite.
La communication est la clé, et ce dans n’importe quel pays mais aussi et surtout le respect. Le meilleur conseil que je puisse donner est de ne pas adapter son mode de vie au pays dans lequel on s’installe mais de s’adapter au sien.
Pour ma part, je suis en immersion totale. J’ai très peu d’amis français. La mentalité des expatriés français ne m’a jamais vraiment attirée de manière générale ici comme à Singapour.

Comment puises-tu ton inspiration ? 

Je suis fille unique et j’ai toujours su m’occuper sans avoir besoin de personne. Je jouais seule et créais des histoires avec mes jouets, lesquelles pouvaient durer sur des mois. Ma mere m’appelait l’enfant bulle. J’ai juste continué a raconter des histoires en grandissant a l’aide de l’écriture. Je pense que je puise mes idées dans l’observation des gens. J’adore m’asseoir à une table de café, bar ou restaurant, et imaginer la vie des gens qui m’entourent. Parfois, j’entends une phrase ou une conversation et ça m’inspire une histoire. Evidemment, mon propre parcours a inspiré certains de mes scripts.

Quelle est la personne qui t’as le plus inspirée ? 

Ma mère a été un exemple de force et d’indépendance pour moi. Elle a toujours fait preuve de leadership que ce soit a la maison ou a son travail. C’était une battante. Elle ne lâchait rien. Apres le divorce de mes parents, elle a tout d’abord été dévastée mais a su reprendre le dessus très rapidement et nous protéger. Elle m’a appris a affronter les épreuves, a être positive et déterminée et surtout indépendante. Elle m’a également appris a ne rien d’attendre de personne. Elle me disait: “Si tu fais quelque chose pour quelqu’un, n’attends jamais rien car tu seras déçue. Fais le parce que tu en as envie et parce que c’est juste. Si tu obtiens quelque chose en retour, alors ce sera une bonne surprise.” Elle m’a transmis d’importante valeurs : justice, honnêteté, et humilité.
Elle n’a pas souhaité pour moi ce que la majorité des parents souhaitent pour leurs enfants: un mariage, un travail stable, une maison… Elle me répétait sans cesse: “ Sois heureuse, c’est le plus important ! ” Je pense qu’elle aurait approuvé ma décision de tout laisser derriere moi et commencer une nouvelle vie a Los Angeles afin d’y réaliser mon rêve d’enfant : faire des films.

Raconte nous un peu ton  quotidien à LA? C’est bien le rêve américain?

Je n’ai pas vraiment de journée type. Mon quotidien varie considérablement dans la mesure où je travaille en freelance donc je peux être à The Los Angeles Film School où je suis Teacher Assistant en Production Design, ou sur un plateau de cinéma ou de télévision.
J’ai la chance de vivre le rêve américain de mon enfance. J’ai gagné la Green Card à la loterie en 2016, et je l’ai obtenue en 2017. Je peux donc vivre et travailler aux Etats-Unis sans me préoccuper du sujet des visas. J’ai eu la chance de travailler sur des projets incroyables, de me retrouver dans la même pièce que Tom Cruise, Robert de Niro, Al Pacino ou Quentin Tarantino, de tourner dans les Studios de la Warner etc. J’ai beaucoup de chance ! Je peux vraiment dire que je réalise mon rêve d’enfant.

Que t’as apporté ce confinement?

J’ai decidé de prendre ce confinement comme une pause meme si j’aurais préféré continuer de travailler. J’ai pris du temps pour moi en cuisinant, en regardant des films, ou des séries que je n’avais pas eu le temps de regarder, en écrivant.. Ici, on peut sortir sans autorisation, donc je sors me promener un peu au soleil, en portant un masque et faisant attention. Hier, le confinement a été prolongé de trois mois en Californie. C’est contraignant mais ca me rassure pour être honnête. Je prépare des projets pour l’après pandémie. Il nest pas difficile pour moi de rester occupée.

Quels sont tes projets d’après confinement ?

J’ai développé un partenariat avec la Chambre de Commerce d’Hollywood pour laquelle j’ai réalisé et produit plusieurs contenus visuels (https://www.explorehollywood.com/) Je devrais travailler sur de nouveaux projets, notamment les ceremonies de remise d’étoiles sur Hollywood Boulevard.
Je développe également un long métrage avec une amie productrice. Je n’ai pas écrit le script mais si on obtient les droits, je serai amenée a le retravailler afin de le réaliser par la suite.

Pour découvrir l’univers de Stéphanie et suivre la suite de ses aventures : 

Take me to the Stars

Le Story Board de Stéphanie :

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La Check-List des petits bonheurs de Stéphanie :

 

 

Les recettes de cuisine fétiches de Stéphanie :

Encore merci à Stéphanie pour sa sincérité et tous ses partages de goods vibes


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